BOURGTHEROULDE : Les bâtiments communaux - La halle de la boucherie

          LA HALLE DE LA BOUCHERIE

 

 

         

 

Halle de la Boucherie - 2006 (après le passage du Tour de France)

 

            En 1635, le baron de Bourgtheroulde afferme la halle de la boucherie pour 600 livres tournois et 25 langues de bœuf.

           La coutume est affermée en 1654 à Pierre Deshaies par 553 livres par an.

En 1749, un enfant abandonné est exposé sous la halle - Registre paroissial – Baptême - 2 août 1749 – Pierre, un enfant exposé sous la halle de la Boucherie, remis à Catherine, veuve de Jean Hervieux, après délibération .L'enfant décède le 10 août.

Le 12 mars 1791, 21 livres de viande sont saisies dans la halle de la boucherie. Le 29 mars, l'adjudication de vente de viande n'a pas été respectée. Les bouchers Lane d'Angoville, Coullebœuf et Thorel sont condamnés chacun à six livres d'amende. Le 27 décembre, Bussy et Cacherat espèrent du procureur de la République que la halle de la poissonnerie sera démolie.

           Le 1er janvier 1792, Le Cordier de Bigards, marquis de La Londe, baron du Bourgtheroulde, est prévenu de faire retirer la halle aux poissons dans le courant du mois (*cette halle était construite parallèlement à la halle de la boucherie, à l'emplacement de l'actuelle route d'Elbeuf). La lettre est remise à son homme d'affaires en son château de La Londe. Dans la négative, la municipalité fera détruire la halle et vendra les bois, tuiles et pierres.

           Le 12 février 1792, pour éviter les abus éventuels des bouchers pendant le carême, les prix des morceaux de viande sont fixés. Les viandes seront inspectées et ne pourront être vendues ailleurs que dans la halle de la boucherie.

           Le 3 septembre 1793, Ygouf demande des sanctions contre les délinquants qui ne se sont pas présentés en août dernier à la garde de la halle pour laquelle ils avaient été requis. Bussy, postillon de la poste, avait demandé à être dispensé. Harel, Fabre et Oursel ont été prévenus trop tard et demandent une décharge de sanctions. 28 sols d'amende sont infligés à ceux qui n'ont  pas assuré le service, au profit des gardes présents.

           Le 30 octobre 1793, Saunier, marchand chandelier de La Bouille, Benjamin Adam, Jean Neveu, marchands du bourg, Jean Jacques Vallée de Basville (*commune intégrée à Berville) déclarent qu'ils n'ont pu parvenir à se procurer les suifs nécessaires à leur état de chandeliers. Thomas Coulbeuf, boucher, s'est permis de s'accaparer du suif des bêtes par lui assommées et ceux exposés à la halle. Il a acheté 98 livres de suif à Robert Vittecoq boucher de Thuit-Signol, à Dujardin boucher à Saint Pierre du Bosguérard, 44 livres à Goujon boucher de Tourville, 47 livres à Pierre Groult boucher de Routot. Il est tenu de s'expliquer et condamné à la confiscation du suif en sa

possession n'ayant pas fait de déclaration du nouveau genre de commerce qu'il veut faire. Il est condamné à 100 livres d'amende. Le jugement est publié dans toutes les communes du canton et à La Bouille.

           Le 5 Vendémiaire an 8 (26 septembre 1800), une commission est nommée pour faire un rapport sur la nature du terrain où sont situées les halles. Le 10 (2 octobre), Pourpoint est invité au nom du bien public à rédiger avec Peuffier une pétition au Conseil Général du département pour lui dévoiler la situation du terrain où se trouvent les halles publiques et où se tiennent les marchés.

           Des plaintes ayant été formulées à l'encontre d'individus faisant des abus sur les denrées lésant le public d'acquérir ou de vendre de la nourriture, les étals de la boucherie ne sont désormais accessibles qu'aux personnes ayant droit de vendre. L'emplacement de l'ancienne halle aux poissons est réservé pour cette vente. Il est défendu aux marchands d'occuper d'autres lieux.

            Le 28 thermidor an 12 (16 août 1803) le conseil arrête qu'il sera acheté des planches à bateau pour doubler les murailles et faire un refend (*mur intérieur) dans le bâtiment vulgairement appelé le corps de garde qui faisait partie de la halle de la poissonnerie que la commune a réservée à cause de l'émigration de Louis Paul Le Cordier lors de la vente de la dite halle.

            Le 4 janvier 1834, le conseil municipal expose que le marquis de La Londe, propriétaire de la halle de la boucherie, est disposé à mettre cette halle en vente, rebâtie il y a quelques années et couverte en ardoises. La portion de l'ancienne halle couverte en tuile et enclose est réservée par le marquis. Il demande 5000 francs pour la halle avec préférence pour la commune. Cette halle a toujours été fréquentée par les bouchers. Si elle n'existait pas ou était supprimée, il y aurait nécessité pour la commune d'en faire établir une. Le prix est raisonnable. Il est décidé d'acquérir la halle et le terrain sur lequel elle est bâtie. Les fonds seront fournis par l'aliénation de trois terrains appartenant à la commune et les deniers libres. La municipalité demande qu'elle soit autorisée à emprunter la somme qui se trouvera nécessaire pour solder l'acquisition. Le 8 février, le procès verbal d'une enquête de commodo et incommodo est dressé par le maire de Saint Denis de Bosguérard désigné par le préfet. La valeur de la halle faite par l'expert de M. de La Londe et M. Leclerc d'Infreville est de 6200 francs.

            Le 15 octobre 1834, arrêté relatif à la direction de la route d'Elbeuf à Bourgtheroulde. M. Dupont adresse une pétition au préfet pour proposer une nouvelle direction sur le territoire de la commune ainsi qu'un procès-verbal dressé le 28 juin par M. Leguerney géomètre à Brionne. Le maire fait établir une soumission du plan projeté. La mairie reçoit les déclarations et réclamations faites sur le plan de redressement du tracé de la route n° 12. A la suite de la mise en vente de la halle de la boucherie au commencement de l'année par le marquis de La Londe, on constate que cette halle se trouve dans la direction du tracé de la route n° 12. La halle ne sera pas démolie. Le bâtiment a à peine douze ans. Ce qui provoque la révision du tracé de la route qui déplaît à M. Dupont.

             Le 4 mai 1836, le maire fait part au conseil municipal que le premier alignement tracé pour la confection de la route départementale de Gournay à Bourgtheroulde était changé et que par suite de ce changement les halles boucheries, qu'il a été décidé d'acquérir le 4 janvier 1834, ne pouvaient rester dans leur état primitif. Il y a lieu de délibérer sur la question de savoir si le conseil municipal décide de ne pas renoncer à cette acquisition malgré la perte d'une partie de la halle. Le marquis de La Londe, par sa promesse donnée, s'interdit de vendre la halle à tout autre qu'à la commune et décide de s'en tenir à ses premières délibérations.

          Il est constaté en février 1838, que dans le budget de 1835 une demande de 389 francs 72 centimes a été faite pour acquitter les droits d'enregistrement et payer les frais d'acquisition de la halle de la boucherie. Cette demande n'a pas été accueillie et il a été répondu qu'aux termes d'une décision du ministre des finances le 21 mai 1835, le contrat de vente en question devait être enregistré gratis. Ce qui n'est pas conforme, car la vente a été traitée de gré à gré. C'est un achat et non une expropriation. Il a été confondu l'acquisition de la halle et son alignement lors de la construction de la route départementale qui a amputé une partie de la construction.

           L'adjudicataire de la halle de la boucherie n'offre que 170 francs de location annuelle le 11 décembre 1869 alors que la dernière adjudication était de 320 francs. Le nombre de bouchers et lardiers (*charcutiers) a considérablement diminué. Le maire est autorisé à traiter de gré à gré mais pas en dessous de 200 francs en présence du conseil municipal et du percepteur.

           La halle de la boucherie est mise en régie le 24 novembre 1896, sa location n'ayant pas été couverte par l'adjudication.

           La restauration de la halle de la boucherie est accompagnée par son alignement sur la route de Bordeaux à Rouen. Le 28 février 1897, une demande de secours est adressée à l'administration, le devis initial étant dépassé.

           Le 26 avril 1904, le maire demande à M. Bouquet, président de la Musique, de lui indiquer les jours dont il a besoin de la Halle. M. Bouquet répond : les mercredis et samedis soirs ainsi que les dimanches midi pour les jours de sortie. Accord du conseil municipal qui propose de donner la préférence à la Musique sur les demandes spéciales.

            Il est prévu de procéder au dallage en ciment de la Halle Boucherie en 1914. En 1926, des bals publics sont organisés dans la salle des fêtes chaque dimanche en alternance par les musiciens de la Fanfare et ceux du Jazz-Band. Ces bals avaient lieu auparavant sous la halle.

 

 

La Halle de la boucherie (à droite) - (collection privée de M. TIPHAIGNE)

 

            Aucune mention n'est faite dans les registres des délibérations du Conseil Municipal d'un emploi différent de la Halle. Cependant, les habitants les plus âgés de la commune se souviennent qu'ils ont fréquenté la Halle de la boucherie, alors occupée par les bouchers, dont certains ne résidaient pas à Bourgtheroulde.

            Les grilles et les chaînes de la Halle sont peintes en juillet 1935. La porte est remplacée, la façade repeinte, des réparations de maçonneries sont exécutées.

           En 1935, les droits de places sous la Halle sont révisés, leur produit étant insuffisant. La concession de la Halle boucherie est accordée à M. Charvé, adjudicataire actuel des autres droits de places.

           En juin 1945, la municipalité demande à l'Etat le financement des travaux de réparations des bâtiments communaux. La halle doit être réparée et non démolie. Le bâtiment a été endommagé pendant les combats de chars du 26 août 1944. La halle sera remise en état dans un bref délai. Elle pourra alors servir de salle de réunion pour la préparation militaire et de salle de répétition pour la Musique.

           Le Club de ping-pong demande d'occuper la salle de la Halle quelques heures par semaine. Ce qui lui est accordé en 1956.

Le marché aux œufs est installé sous la Halle en août 1959.

            Fête du 14 juillet 1960 : revue du Centre de Secours à neuf heures – bal public dans la salle de la Halle à vingt et une heures.

           Le 1er août 1977, un sinistre endommage la salle de la Halle.

L'ancienne Halle est désaffectée en 1978.

            En 1979, la salle de la Halle est transformée en salle de lecture et bibliothèque. Le 11 février 1984, la bibliothèque, réaménagée, est inaugurée.

            Les meubles et livres de la bibliothèque sont installés dans la salle Filloque située dans la Maison du Bourg, en août 2006. Le bâtiment de la halle n'a plus de fonction...

 



14/05/2009
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